Le 05 novembre 2024 marque un tournant décisif dans le développement de la commune Yoto 2 avec le lancement, à Tchekpo Dedekpoe, des travaux de construction d’une usine de production d’huile de palme et d’huile palmiste. Ce projet ambitieux a pour vocation de transformer le paysage économique de la commune, d’éradiquer en partie le chômage et de favoriser le développement de divers projets sociaux.
Lors de la cérémonie de lancement, le maire de Yoto 2, Mme Yawavi Adjra, a souligné l’importance stratégique de ce projet.
« C’est une véritable bouffée d’oxygène pour notre économie. Il nous permettra de valoriser nos ressources locales, de créer de l’emploi et d’améliorer le niveau de vie de nos populations », a-t-elle déclaré.
L’événement a mobilisé une foule en liesse, un parterre de partenaires de la Mairie et d’autorités administrative, religieuse, sécuritaire et traditionnelle, au rang desquels, le directeur régional de la planification et le représentant du préfet de Yoto. La construction de cette usine s’inscrit pleinement dans la dynamique d’industrialisation impulsée par le gouvernement togolais. La transformation des produits agricoles permettra de renforcer la compétitivité des communes et de réduire leur dépendance aux importations.
» Je voudrais tout d’abord remercier le chef de l’Etat, Faure Essozimna Gnassingbé, pour sa politique de décentralisation qui nous permet, à notre niveau local, de nouer des partenariats stratégiques avec des collectivités étrangères. Cette politique visionnaire favorise l’émergence de projets innovants et porteurs d’espoir pour nos populations », s’est réjouie madame le Maire.

Spécifications techniques
Pour la mise en place de ce projet, Mme le maire a sollicité l’expertise de TMSU International, un cabinet togolais d’ingénierie, qui a travaillé de concert avec des enseignants chercheurs de l’Université de Lomé. Le professeur Koffigan Agbati Camille, directeur général de TMSU International décline les spécifications techniques du projet :
« L’usine sera construite sur 4 à 6 lots, et disposera d’une plateforme de production qui est la zone matricielle même, avec des cuves de transformation et d’extraction de l’huile, après il y aura la plateforme mini centrale solaire qui doit pouvoir actionner les équipements. Au-delà de ça, les tourteaux (résidus solides de l’extraction de l’huile) passent dans ce qu’on appelle methaniseur, qui les recycle encore en un gaz qu’on appelle le métal, pour produire de l’engrais automatiquement, le gaz vient cuire les mêmes noix de palme et engendre encore de l’huile; c’est ce qu’on appelle un système intégré. Tout ce circuit, c’est le process, mais la capacité de production pour un début, c’est 500 litres au moins chaque jour, l’usine est appelée à évoluer par la suite ».
Mme Carla Duadji, ingénieure à TMSU, donne des détails sur le système d’alimentation et les produits de l’usine :
« L’usine sera alimentée par un système solaire et le biogaz. Cette unité sera mise en place avec des panneaux solaires pour alimenter les machines qui vont transformer les noix de palme en huile de palme et en huile palmiste. Ce sont les produits principaux de l’usine, mais nous aurons également des sous produits tels que le biocharbon, les coques de palmiste ».
Un modèle de coopération sud-sud
Pour Mme le Maire, le développement ne démarre réellement qu’avec l’industrialisation. Pour démarrer le moteur de cette industrialisation, le chemin a été long. Le projet, conçu par la Mairie, a fait objet d’une signature de mémorandum avec la commune de Tanger en 2023, ouvrant la voie à sa soumission au Fonds africain d’appui à la coopération décentralisée internationale (FACDI), un incubateur pour le développement de la coopération Sud-Sud. Une fois validé, la Mairie active le levier de la coopération décentralisée et va réussir à nouer un partenariat avec la commune marocaine de Tanger qui va apporter, pour sa part, un important appui au financement du FACDI. La convention de partenariat entre les deux communes a été signée en terre marocaine en mars 2023.
Autonomie économique et développement social
La commune Yoto 2 va franchir une nouvelle étape dans son processus de développement grâce aux intérêts générés par l’exploitation de l’usine. Entre autres :
• Valorisation des ressources locales : en transformant sur place les fruits du palmier à huile, abondants dans la commune, Yoto 2 crée de la valeur ajoutée et renforce son autonomie économique. Aussi les producteurs de noix de palme auront-ils la garantie d’un marché d’écoulement de leurs produits.
• Création d’emplois : l’usine générera 50 emplois directs, tant pendant la phase de construction que lors de son exploitation, contribuant ainsi à réduire le chômage dans la commune.
• Amélioration des conditions de vie : les revenus générés par l’usine permettront d’investir dans divers projets sociaux, d’améliorer les services publics et d’offrir de meilleures perspectives d’avenir aux populations.
• Renforcement de l’autonomisation économique des femmes et des jeunes.
« Mme le maire a partagé avec nous ce projet, nous l’avons trouvé noble. Nous l’en remercions. Nous sommes prêts à accompagner la mise en œuvre de ce projet, qui est très bien connu du chef de l’État », a lancé le directeur régional de la Planification.
Le partenariat Tanger-Yoto 2 constitue un modèle de solidarité entre pays du Sud et témoigne de la volonté commune du Togo et du Maroc de relever ensemble les défis de développement. La cérémonie a été agrémentée par des prestations des groupes folkloriques, mais le clou de l’événement reste la pose de la première pierre de l’usine par Mme le Maire, très bien entourée.
Les travaux sont prévus pour durer six mois. « J’attache du prix à la rigueur et au professionnalisme dans l’exécution des travaux dont la réception devrait se faire dans le délai effectivement imparti« , recommande-t-elle.













